Qui suis je ?

img_0935aAnne Marie Mansuy     –  pseudo : Anne Laurent

Tout commence par un rêve… Comme autrefois, chez ces peuples premiers liés à la nature. A cause de mes premières années de vie? Une ferme perdue dans la montagne des Hautes Vosges, une enfant curieuse, pour seules ressources les animaux, la nature, et cette qualité particulière de lumière, bleutée, irréelle et changeante. J’imaginais alors, d’une croyance naïve, que tout était doué de vie, non seulement les bêtes mais les plantes souffraient ainsi que le vent dans les branches du sapin derrière cette vieille bâtisse édifiée par mes ancêtres. Qui étaient-ils, eux qui  prospérèrent en milieu hostile? Un mystère… Par instants il se rappelle. Certains rêves également font figure de guide, rares et prégnants, s’imposent, font fi du temps, le mettent à mal, prenant valeur de prémonition.

« Les pleurs de l’Ogre » (Plume de Vair 2015) est ainsi né d’un rêve. Courant le long d’un vaste fleuve, deux femmes, chacune sur une rive. L’une s’appelait Jeanne. Peu après, Jeanne, bouddhiste d’origine chinoise, traversait les océans pour un stage de psychologue clinicienne sous ma direction. ( de ces vingt années de travail dans les cités de banlieue naîtra « Ma ville brûle »). Après une formation très poussée et un profond intérêt pour la psychanalyse, il fallait aller plus avant, s’il en est possible. De la langue universitaire à une autre, « Les pleurs de ‘l’Ogre », exercice de pur bonheur, jeu avec les mots, les miens, ceux des autres.  Puis  oublié une dizaine d’années.

Un autre rêve, plus chargé, énigmatique, déclencha le véritable travail d’écriture et sa publication: « Le rêve de la Mosaïque de Die », où cette figure du XII siècle s’imposa de manière prémonitoire. J’ignorais son existence, ignorais tout autant que je vivrais dans le Haut-Diois. « Et comme un oiseau à sa fenêtre » me dépasse encore à ce jour, de même ces longues années d’amitié avec Boris Pahor, écrivain slovène rescapé des camps de la mort (dont le Struthof sur les hauteurs des Vosges) qui habite ce livre. Comme l’ont habité avec humour parfois, ces oiseaux et ces roses accompagnant sa rédaction, en des coïncidences significatives chères à Jung. En fait, ce sont les livres qui nous écrivent et avancent à notre rencontre, comme ce jour pluvieux de novembre, ce journal intime abandonné dans la rue avec les effets personnels d’une inconnue (Oh les beaux jours de bonheur indicible! à paraître).

Formée à la psychanalyse et héritière d’une mémoire traumatique, une interrogation constante traversera ces récits: comment des événements extérieurs peuvent endommager, parfois à jamais, une existence ? Mais leur fil rouge serait aussi la capacité de résilience, la part de lumière propre à chacun et la joie paradoxale qu’éprouverait celui qui sait ne pas en détourner les yeux. Au coeur même des désastres, dépouillé du superflu, chercher l’essence. Et rester humain, rester debout.

Ainsi, banlieue parisienne ou Hautes-Vosges, ces romans trouvent leur ancrage dans des lieux existants, des événements, voire des personnages réels. Ces derniers pourtant ne sont jamais localisés de manière précise, comme si, au-delà d’un récit particulier, se rejoignaient des destins plus amples, des faits qui hélas se sont déjà produits, ailleurs, ou ne cessent de se reproduire aujourd’hui. Ou comment un destin particulier peut mener à celui des désastres propres à une condition d’humanité.Mise en page 1

Car les enseignements du passé n’inculquent pas suffisamment aux hommes le bon usage de la sagesse.

Déjà parus aux éditions Gérard Louis.

                                                                          Le dernier livre paru :                                                                     Prix Victor Hugo. 2017

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About annemariemansuyannelaurent

Auteur de 3 romans publiés chez Gérard Louis éditeur. PLume de Vair 2015 et prix Victor Hugo 2017. publie également sous le pseudo Anne Laurent. Ma ville Brûle. Les pleurs de l'Ogre. Et comme un oiseau à sa fenêtre, la guerre.
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6 Responses to Qui suis je ?

  1. Avatar de Bruno Girin Bruno Girin dit :

    J’ai lu les 3 premiers livres. L’écriture est belle, parfois directe, souvent poétique toujours précise. La trame est prenante. Histoires de vie, de brisures de vie, d’amour quelque fois de fureur, avec pour fond la grande histoire ou l’actualité. Mais l’espérance n’est jamais perdue, car nous la retrouvons au détour d’une virgule. A lire pour aimer d’avantage. Bruno Girin

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  2. Avatar de Véronique Naumovic Véronique Naumovic dit :

    Moi aussi j’ai lu les 3 livres et attends le quatrième. Dans le dernier, j’ai retrouvé l’univers des cités, lieux de résilience par excellence, avec ses violences mais aussi la richesse de ses habitants et leurs histoires incroyables remplies de vitalité.
    L’écriture d’Anne Marie m’entraîne toujours dans ses univers où les relations humaines ont la première place mais les références culturelles y sont toujours présentes et je sors grandie après chaque temps de lecture. D’ailleurs j’ai eu du mal à lâcher le dernier roman une fois que j’en ai commencé la lecture. Je vous le conseille vivement.

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  3. Avatar de demangel demangel dit :

    Rencontre l’été dernier avec Anne Laurent, enfin Anne-Marie Mansuy, écrivaine vosgienne.

    Je vous invite à prendre le temps d’un détour vers ses livres, dont le plus récent est davantage autobiographique.

    J’aime beaucoup aussi la dernière phrase de sa présentation personnelle sur son site :

    « Car les enseignements du passé n’inculquent pas suffisamment aux hommes le bon usage de la sagesse. »

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  4. Avatar de BUISSON Danielle BUISSON Danielle dit :

    Chaque livre d’Anne-Marie Mansuy nous transporte dans un univers où toute la palette des sentiments est présente.
    Parfois dur, parfois tendre, parfois nostalgique ou heureuse, c’est toute la vie dans sa complexité qui s’exprime ici.
    Son écriture est précise, dense. Elle nous permet de partir avec elle dans une histoire qui passionne jusqu’à la fin.

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  5. Avatar de Annie Deparis Annie Deparis dit :

    Anne-Marie,certainement,trempe sa plume dans un philtre .
    Attention à l’addiction !
    Si vous ouvrez l’un de ses livres,impossible de s’en détacher avant la fin .Ensuite,il s’impose à vous comme nécessaire .Comment pourrait-il ne pas exister ?

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  6. Avatar de christiane Willigens christiane Willigens dit :

    Je viens de lire »Ma ville brûle »;A la fin du livre j’ai eu beaucoup de mal à quitter Valentina,l’héroïne.Une femme à la fois forte et fragile qui traverse une épreuve dure tout en gardant, semble-t-il, l’amour de la vie et sa foi dans l’humanité.Une belle personne sensible et attachante.
    L’ensemble de ton œuvre, Anne-Marie,explore des thèmes de l’actualité difficiles mais comme adoucis par des éléments d’un quotidien tout nimbé de poésie grâce à l’écriture.En toile de fond, la présence de la Nature, les odeurs, les saveurs, la chaleur des rencontres sont autant de respirations pour le lecteur et lui donnent aussi sans doute une clé pour se ressourcer dans la Vraie Vie.
    Bravo et merci pour ces lectures qui portent sur le monde un regard à la fois lucide et rafraichissant
    Christiane Willigens

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