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Image 3Paru dans Vosges Matin. 24.07.2015 Site en cours d’autres articles à suivre….

Anne Laurent, auteure en son pays

Récompensée du prix du Livre de Vair 2015 pour un manuscrit qui a dormi pendant dix ans dans la mémoire de son ordinateur, l’écrivain Anne Laurent sera présente dimanche à la maison de la presse de la place du Champtel, aux côtés de son éditeur Gérard Louis, pour une séance de dédicaces, doublée de la présentation de son deuxième ouvrage « Comme un oiseau à sa fenêtre, la Guerre », publié un an après « Les Pleurs del’Ogre ».Anne Laurent reçoit dans la petite cuisine de son pied à terre bressaud, la fenêtre ouverte sur une nature inspirante:

« C’est dans cette lumière que j’aime écrire »,confie-t-elle.

Anne Laurent n’est en quelque sorte que la moitié de son vrai nom ; l’autre, c’est le voile dont elle préserve sa famille encore présente à La Bresse. Non que ses livres recèlent des secrets indicibles ou nuisibles à la mémoire de son village natal : « Les pleurs de l’Ogre »restitue bien une époque révolue où les hommes taisaient le souvenir des guerres qui les avaient meurtris à jamais; les maisons évoquées ressemblent aux fermes des hauts, mais ce village, elle le nomme « T », T comme Tous les endroits qui ont subi ou subissent encore la folie des hommes. Anne Laurent revendique l’universalité de ses personnages, leur quête de vérité, leurs questionnements face au silence et aux non dits.

« Mes racines sont bressaudes, mais ma mémoire est universelle, partagée par bien d’autres pays ou régions, d’où sa valeur. »

« Regarder les drames en face»

Anne Laurent conçoit l’écriture comme une méditation. Elle qui prête une grande attention aux signes qui jalonnent sa vie a écrit son premier roman suite à un rêve. Cet exercice lui a procuré une grande joie, une plénitude dont elle a besoin.

« Écrire n’est pas une fin en soi. C’est une forme de contemplation. J’ouvre une fenêtre, je me fonds dans la nature : j’écris comme une ermite. »

Ses personnages apparaissent, parfois fortement inspirés de ses rencontres, les événements s’enchaînent et la portent jusqu’à un dénouement toujours apaisé. Qui n’exclut pas les déchirures.

« Il est essentiel de regarder les drames en face pour apprendre le prix de la vie et la valeur de la paix. »

Exigeante, celle qui fut d’abord enseignante, puis psychologue en banlieue parisienne, reprend son texte, cherche le mot juste, corrige et recorrige, jamais totalement satisfaite…Encouragée par une amie blogueuse, Anne Laurent a adressé sans grande conviction ce premier livre en sommeil depuis dix ans à l’éditeur Gérard Louis, qui n’a pas tardé à lui retourner une réponse favorable. Et c’est parce qu’elle ne disposait même plus d’un exemplaire de ses propres ouvrages qu’elle est un jour entrée à la maison de la presse du Champtel, et s’est encore laissée convaincre de s’y livrer à une rencontre dédicace. Elle avait auparavant vécu ses premiers contacts avec le public à Sevran, en Seine-Saint-Denis et à Nancy,au Livre sur la place, où elle a croisé deux autres Bressauds venus présenter leur travail :Michel Lemaire et Jean Paul Didier Laurent. Mais sans leur révéler qu’elle aussi avait une bonne raison d’y figurer.