Oh les beaux jours de bonheur indicible!

« Elle dresse la table et bat des oeufs en omelette quand la clé tourne dans la serrure. C’est lui. Et ce n’est pas lui. Il ne l’appelle pas comme d’ordinaire tandis qu’il accroche son manteau dans le couloir. « – Max? ». Il tarde à répondre. Elle s’est approchée, répétant d’une voix tendue: « – Max? » Planté au milieu du vestibule, il ne bouge pas. Il reste à fixer la porte sans parvenir à risquer un pas. Elle aurait dû comprendre que quelque chose n’allait pas à sa façon de se tenir là, à triturer ses clés, l’autre main au fond de sa poche… »

« Il s’est réveillé sur un lit d’hôpital. Une dame trop maquillée avec de grosses lunettes noires venait le voir. Puis on l’a placé dans une famille d’accueil. « – Et pas d’amour! Pas d’amour tu comprends. Lui, il m’appelait le chien et m’ordonnait de manger par terre »

« Sandra se sent légère, incandescente. Provocante, elle lance par jeu. « – Avec les hommes? Facile, je clique et je nique! ». Paloma croit avoir mal compris. « – Tu… quoi? » « . – Ben oui, je clique et je nique. C’est pas compliqué!… »

« Tu vois, je suis une rescapée. C’est un mystère. Cela veut dire qu’au début je souffrais de tourment. Je me retenais de vivre et mon coeur, je le serrais entre mes mains, entre mes deux mains de peur qu’il n’éclate de chagrin »…

Synopsis

Les thèmes abordés :

Ce roman est issu de scènes et de personnages réels métamorphosés par la fiction. À travers l’histoire de Paloma, enfant mal aimée, qui croit trouver l’amour en la personne de Max, séduisant et secret, se déclinent des problématiques individuelles tels la fin de vie, la violence conjugale ou la pédophilie mais aussi des drames à dimension collective chaque jour croisés sans qu’ils nous atteignent, violence infligée aux enfants, aux sans-abris, violence des intégrismes, violences de l’histoire collective (ici les massacres de masse au Rwanda

Le récit :

Max, une rencontre passionnée. Un week-end à la campagne, chez un autre couple. Mais ce n’est pas ce dont Paloma a rêvé. Une histoire trouble, plombée par les plaisanteries grossières de leur hôte, le comportement ambigu de ses filles. Max également la déçoit, son humeur, ses critiques, elle ne reconnaît plus l’amant ébloui des premiers jours.

Dans la maison de retraite où elle travaille comme aide-soignante, Paloma subit les brimades de Mona, la directrice. Elle éprouve quant à elle une tendresse particulière pour Monette, une pensionnaire et a pour amie Céleste, une collègue dont elle ne comprend pas toujours les réflexions étranges, difficiles à partager.

Aux oscillations de Paloma vont répondre celles de Max, qui se révèle peu à peu violent. Elle a abandonné son travail, passe son temps à faire cuisine et ménage mais puise une certaine force dans la lecture et la découverte d’un roman aimé autrefois. J. London, « l’appel de la forêt ». Écolière plus que médiocre, moquée par ses camarades, elle s’était alors identifiée au chien Buck. Paloma évoluera au fil de ses lectures, de ses rencontres, comme les différents protagonistes du récit. Peu à peu se découvre leur histoire, tandis qu’ils gagnent en densité.

Mais la fin demeure ouverte. À l’image de la « vraie vie ».